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SIDA : UN GENE D'ANTICORPS VERS UN VACCIN
Attaqué par des rétrovirus comme le VIH –responsable du sida- notre système immunitaire est impuissant. Des chercheurs californiens du Gladstone Institute of Virology and Immunology, qui viennent de publier une étude dans la revue Science, pensent en avoir trouvé l’origine: un gène nommé Apobec3. Le directeur de l’Institut, Warner Greene, revient pour 20minutes.fr sur cette avancée. Et, avec beaucoup de conditionnel, sur les perspectives qu’elle ouvre.
Pour mieux comprendre l’étude, pouvez-vous expliquer pourquoi le virus du VIH résiste à notre système immunitaire…
On ne comprend pas, et c’est bien le problème. Une infection par VIH neutralise massivement nos anticorps et c’est très rare. On ne comprend pas vraiment pourquoi, ni comment provoquer une réponse des anticorps appropriés avec un vaccin.
Qu’avez-vous donc découvert sur ce fameux gène Apobec3?
Nous avons étudié chez la souris un rétrovirus de la même famille que le VIH. Depuis longtemps, on savait que certaines souris y survivent, d’autres non. Et nous avons découvert que la survie à cette infection virale était liée à ce gène Apobec3. Et sachant que le VIH a une stratégie spécifique pour s’attaquer au gène homologue (Apobec3f et 3g) chez l’homme, on peut commencer à considérer la possibilité que dans les premiers moments d’une infection par le VIH, le rétrovirus endommage ce gène et que cela contribue au manque de réponse de notre système immunitaire.
Que se passe-t-il concrètement avec les souris qui ne survivent pas?
Elles possèdent ce gène. Mais un problème intervient lors de l’épissage (note: un gène est une portion d’ADN, l’ADN est transcrit en ARN, lui-même traduit en protéine, et l’épissage est une étape de ce processus). Le résultat, c’est une protéine incomplète qui ne remplit plus son rôle dans la réponse immunitaire. Le rétrovirus s’installe et s’étend.
Quelles conséquences dans la compréhension du VIH chez l’homme?
Il y a des individus exposés au VIH mais qui résistent à l’infection, grâce à une production d’anticorps. Et on a pu cartographier que cela se produit dans la même région du chromosome où se situe le gène Apobec3. Cela fait donc de nombreux faisceaux semblant indiquer que si la réponse immunitaire de notre organisme n’a pas lieu, c’est parce que le VIH s’attaque aux deux gènes homologues Apobec3f et 3g.
Si cela se confirme, est-ce la voie vers un vaccin?
Là où ça devient vraiment intéressant, c’est si l’on arrivait à créer un agent antagoniste qui neutralise cette destruction. Tout à coup, on aurait appuyé sur l’interrupteur pour produire des anticorps. On travaille très dur en collaboration avec d’autres pour mettre au point cet antagoniste. D’ici un an, on devrait avoir une bien meilleure compréhension du rôle de l’Apobec dans la réponse immunitaire de la souris.
Ca pourrait, POURRAIT, être la première étape, assez inattendue pour comprendre et peut-être solutionner l’absence de réponse immunitaire dans le cadre du VIH chez l’homme. Et si un patient produisait les bons anticorps neutralisants, est-ce que cela serait suffisant pour contenir le virus? De très très très bons anticorps pourraient réaliser cela. Et c’est ce type d’anticorps qu’un vaccin serait chargé de produire. Mais la route est encore longue.
Source AFP.
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